 Louis Dollé, 8 janvier - 8 Février L’exposition prolonge l’exposition des Monstres qui s’est tenue à l’Avant-Scène à Nice en 2008.
A l’extérieur, des sculptures réactivent les interrogations du sculpteur alors que le Nouvel espace de la Galerie Ferrero laisse place à une série de portraits des plus étranges. Depuis fort longtemps, le visage est souvent considéré comme le miroir de l’âme. A l’instar de Balzac qui, avec La Comédie Humaine, tentait de décrire de façon exhaustive la société de son époque en établissant une sorte de catalogue raisonné de types humains, Louis Dollé parle de l’Homme dans sa diversité.
Ici, des muses et des héroïnes, là de simples gens, plus loin des êtres fantastiques ou monstrueux. Bien loin de représenter des personnages réels, les portraits que dépeint Louis Dollé sont le fruit de son imagination. Tous sont issus du monde artistique, littéraire, cinématographique ou musical. L’alliance de l’histoire de l’art à la culture populaire aboutit à une œuvre syncrétique proposant une nouvelle manière de voir l’humain. Cette série de portraits montrent l’engagement de l’artiste tant d’un point de vue social que pictural. Aux figures séduisantes ou touchantes se joignent les exclues et les blessées. L’artiste nous parle de la vie et de la mort, de la séduction, du savoir… Marqués par le regard et le discours de l’artiste, ces portraits relèvent tous de sa personnalité. L’exposition est d’ailleurs ponctuée d’autoportraits détournés. Mais à y regarder de plus près, tous ces personnages reflètent aussi un peu de nous-même. A l’image de la galerie des Glaces, ils épatent le visiteur et lui renvoient une image de lui-même déformée.
A travers ces toiles (pardon, ces contreplaqués, car Louis Dollé peint sur du contreplaqué, parfois découpé, qu’il présente à même le sol), l’artiste élabore un discours sur le sens et la couleur en peinture. Avec ces portraits, Louis Dollé fait acte de recréation, reprend sous un regard nouveau des thèmes inscrits dans la mémoire collective. « Créer, c’est découvrir quelque chose qui existe déjà » m’explique-t-il. Il admire Goya et son imagination créative mêlant le fantastique au quotidien mais aussi Rodin et Carpeaux. Retravailler un sujet connu, c’est pour lui invoquer toute une tradition ou toute une culture, prendre à témoin les référents et les habiter de nouveau, s’en emparer. Louis Dollé aime raconter des histoires, transmettre un savoir, autant de plaisirs tombés en désuétude que l’artiste souhaite réhabiliter. On retrouve également chez lui ce plaisir pour le faire. Regardez ces femmes nues, ces objets peints en glacis se détachant sur des fonds sombres. Admirez les ocres et les ombres colorées. Avec cette installation de peintures qui fait suite aux Monstres présentés à l’Avant-scène à Nice, en 2008, Louis Dollé renoue avec l’histoire de la peinture à l’huile tant d’un point de vue technique que conceptuel.
Rébecca François
Né à Nice en 1971, Louis Dollé se destine à une carrière d’ébéniste. Après son diplôme en poche, sa soif de connaissance et son goût prononcé pour l’art comme cosa mentale le pousse vers des études d’art (Villa Arson, 1994). En 1999, il rejoint le collectif des Diables-Bleus et de la Brèche avant d’intégrer No Made en 2003. |